Campagne de crowdfunding en cours pour l’Ermitage ! En savoir plus…

Depuis quelques années, le monde de la bière belge est en pleine effervescence. De nombreuses micro-brasseries ouvrent, fruit d’une passion bien sûr, mais également d’un dur labeur. La nanobrasserie de L’Ermitage est née de la rencontre entre trois jeunes passionnés : Henri, Nacim et François. C’est ces deux derniers que j’ai eu le plaisir de rencontrer au festival de cocktails bruxellois Blend.

Des parcours variés

C’est en travaillant dans les bars, en parallèle d’études en communication suivi d’un master en cinéma, que Nacim découvre véritablement la bière. Plus précisément au Moeder Lambic, véritable temple pour les amateurs, connu notamment pour l’excellente formation de ses barmans. Un bouquin sur les bases du brassage en poche, un peu de matériel – casseroles, mesureurs, matière première – et le voilà parti pour quelques années d’expérimentations avec son colocataire Henri, professeur de français. Dans le monde de l’audiovisuel, Nacim se lie également d’amitié avec François, diplômé en communication et publicité, qui sera vite entraîné dans l’univers de la bière.

Dans ma famille, on est plutôt amateur de vin. Mais une fois qu’on découvre le monde des bières artisanales, on en devient très vite amoureux. La bière est aussi noble que le vin, il y a des centaines de possibilités – on peut expérimenter à l’infini !” François

C’est dans la cuisine de Nacim et Henri, rue de l’Ermitage, que les complices se rejoignent. L’idée est de faire des bières qu’ils ont envie de boire, souvent d’influence anglo-saxonne, et de disposer d’une petite réserve pour leur consommation personelle.

Du hobby au travail

Parti travailler au Canada, Nacim y découvre un monde de la bière artisanale bien plus développé que chez nous.

A ce moment-là, j’ai eu un déclic. Je me suis dit qu’il fallait vraiment aider à faire évoluer la scène belge ! Notre première idée a été de faire une série de documentaires sur les brasseries en Belgique” Nacim

Mais ce projet est vite avorté. Au fil des rencontres avec les brasseurs, l’autre côté de la caméra séduit de plus en plus la bande d’amis et donc l’idée de transformer leur passion en un véritable projet professionnel. La première pierre de la nano-brasserie était posée.

La Lanterne

La Rue de l’Ermitage à Ixelles (Bruxelles) a donné son nom à la brasserie. Mais l’ermite, c’est aussi une carte du tarot de Marseille, dont l’influence se ressent sur leur première création officielle.

L’ermite porte pour éclairer son chemin vers l’inconnu une lanterne. Ce chemin, c’est aussi le nôtre, et cette lanterne, c’est celle qui nous porte, qui nous a fait sortir de l’inconnu et nous a fait connaître des bars et du public depuis sa sortie en mai 2016” François

La lanterne se rapproche d’une american pale ale, bière blonde légère en alcool, mais puissante au goût. Malt blond style Pilsner à près de 95% avec une touche de Munich pour ramener du corps. Elle est fortement houblonnée grâce à des houblons américains, Mosaïc et Cascade, donnant un bouquet sur les fruits exotiques et les agrumes.

L’ermitage ne possédant pas encore ses propres installations, c’est à la Brasserie de Bastogne qu’elle est produite, grâce à Philippe et Catherine Minne.

Un chez soi pour la brasserie de L’Ermitage

La cuisine de la Rue de l’Ermitage ne suffisant plus à répondre à la demande, il est donc temps de chercher un nouveau chez soi. Ce sera rue Lambert Crickx, à 100 mètres de Cantillon, dans la commune d’Anderlecht (Bruxelles). L’ouverture est prévue pour la fin de printemps 2017 et déjà, on a hâte. Car dans les 400m² dont ils disposent, nos brasseurs ont décidé, outre l’espace de production capable de brasser jusqu’à 600 hectolitres par an, d’aménager un espace d’accueil pour les visiteurs. Un lieu parfait pour découvrir et déguster les 3 nouvelles bières venant enrichir leur gamme : une porter “On espère grandir tout en restant à taille humaine. Garder ce côté local pour devenir un acteur de la vie bruxelloise. Devenir un espace de rencontre, notamment via l’espace dégustation qui permettrait de s’ouvrir à d’autres évènements de la vie culturelle de notre capitale” François

Se lancer dans la bière

“Il ne faut pas hésiter à goûter beaucoup de bières différentes, brasser beaucoup de styles différents, pour connaître ce qu’on aime bien tout en découvrant d’autres styles de brassage.” Nacim

Mais aussi, faire attention à sa matière première. Si au début, on essaye de faire des économies, et même si ce n’est pas toujours évident de trouver de bons produits, il ne faut pas négliger la qualité des malts et des houblons qu’on utilise, on s’en rend compte sur le plus long terme.

“Au début, on a envie de faire pleins d’expériences, on a envie de faire des bières complètement folles avec du poivre, du piment, de la moutarde, mais il est tout aussi important de s’habituer à faire la base, des petites blondes houblonnées, des petites blanches, pour comprendre vraiment tout ce qui se passe au cours du processus de brassage. Mais le but reste de s’amuser !” François

Monter sa brasserie

Nacim, qui a fait une formation en management pour lancer la brasserie, met l’accent sur le côté financier et administratif.

“Pour toute personne qui veut se lancer dans ce métier-là, c’est presque plus important de savoir gérer une entreprise que de savoir brasser, sinon, ça peut se révéler dangereux. Mais il y a tellement de choses à dire, en tout cas, vous en avez pour quelques années.” Nacim

François va dans son sens: en tant que professionnel, si c’est bien d’avoir un entourage qui peut nous aider, cela reste des domaines qu’il faut maîtriser soi-même. Cela permet de gagner du temps et de l’argent, deux éléments dont on manque cruellement au début. Enfin, mettre le qualitatif avant le quantitatif. Sur le long terme, pas le moindre doute, cela fera la différence.

En attendant le printemps…

“Mon dernier coup de coeur, c’est Ça brasse pour moi, dans le Hainaut, ils avaient un beershop à la base et ils ont ouvert une brasserie dans la ferme de leurs grand-parents avec du matos qu’ils ont récupéré. Ils font des bières assez modernes, très propres, une red ipa notamment et une blanche avec les céréales que leur père cultive” Nacim

Sinon, comme nous le rappelle François, faire un petit tour dans les bars qui tentent de faire découvrir le monde de la bière artisanale. Les plus connus bien entendu, mais n’oublions pas les petits nouveaux comme Le Barboteur à Schaerbeek ou encore La Contrebande à Ixelles. Deux bars fantastiques où je ne peux que vous recommander d’aller boire un godet !

Campagne de Crowdfunding !

Oyez, oyez : la future brasserie (mais aussi bistrot et espace culturel) de l’Ermitage a besoin de vous. De nombreux visages s’illuminent après une gorgée de La Lanterne… donc soyez certains que nos ermites éclairés brasseront votre blé avec sagesse 🙂

Vous désirez participer à ce projet enivrant ? Rendez-vous sur MIIMOSA.Voir la magnifique vidéo du projet réalisée par l’artiste Krümp.

Rue Lambert Crickx 26, 1070 Bruxelles

L’Ermitage sur facebook

Propos recueillis au festival Blend par Chris et Pascal.
Photos : graindivresse.com,ermitagenanobrasserie.be 
Remerciements : Nacim, François, Henri.